Z.L. - ZEDEL    

Dernière mise à jour : 30/03/2010

Franco-Suisse

Petit historique

Ernest Zürcher et Herman Lüthi

Ernest Zürcher
L'histoire de la marque Zedel débuta en Suisse, en 1896. A cette époque, l'ingénieur Ernest Zürcher s'installe dans un petit atelier de Neuchatel et s'intéresse à la mécanique. Un an plus tard, il débute la fabrication de petits moteurs de motocyclettes, suisses bien sûr. Le succès ne sa fait pas attendre et Ernest doit songer à s'agrandir. Il s'associe alors avec un mécanicien réputé, Herman Lüthi pour fonder en 1901 la société Zürcher et Luthie & Cie. Les initiales de l'entreprise, Z et L donneront plus tard Zedel. Les commandes sont nombreuses et le petit atelier de Neuchatel se retrouve vite trop petit pour continuer sereinement la production. La petite entreprise déménage donc à Saint-Aubin, près de Neuchatel. Entre-temps, Hermann Lüthy a quitté l'entreprise mais la marque conserve le nom de Z.L., marque déposée en 1901. La raison sociale de l'entreprise devient cependant "Fabrique de Moteurs et de Machines".
En 1902, la société emploie déjà 130 employés et les commandes affluent toujours. La firme envisage alors de s'implanter en France. Le marché voisin est demandeur et la marque jouit d'une bonne réputation de robustesse et de fiabilité dans l'hexagone. Pour développer ses exportations, Z.L. s'associe avec une marque de cycles français, la "Victoire". Cette motocyclette sera équipée du moteur et sera vendue entre 1897 et 1906. A cette date, Zedel passera sous le contrôle d'Alcyon qui produit depuis 1904 des motocylcettes à moteurs ZL. En attendant, et malheureusement, c'est en 1902 que le gouvernement français décide d'augmenter brutalement les droits de douane pour, selon le texte, "taxer ces matériels étrangers qui menacent l'industrie nationale". Du coup, les projets de Z.L. sont contrariés. Mais les suisses ne se laissent pas abattre et décident d'expatrier une partie de ses activités de l'autre côté de la frontière. C'est à Pontarlier, la ville frontière la plus proche de Neuchatel que Z.L. s'installe. Dans un petit atelier en bois construit à la va-vite, quelques mécaniciens de l'usine de Saint-Aubin débutent l'assemblage des petits moteurs de motocyclettes qui sont frappés "made in France". Pour cette unité française, on choisit alors le nom de Zedel. Il y aura donc la marque Z.L. en Suisse et la marque Zedel en France.
Rapidement, la petite entreprise de Pontarlier va prendre de l'ampleur, et des accords avec d'autres marques sont conclus. L'atelier devient vite une véritable usine qui, cependant, emploie le plus souvent des ouvriers suisses. C'est en 1904 que la firme décide d'aborder l'automobile. Ne voulant pas faire une copie d'une voiture Clément pour l'importateur milanais Corrado Frerra, Ernest Zürcher est purement et simplement "viré" par son banquier de la société "Fabrique de Moteurs et de Machines". L'usine de Saint-Aubin est fermée mais Ernest créera la "Fabrique de Moteurs pour Automobiles et de Moteurs Industriels Ernest Zürcher" et s'associera ensuite à Edmond Gentil, fondateur d'Alcyon.

Pontarlier

Rapidement, la petite entreprise de Pontarlier va prendre de l'ampleur, et des accords avec d'autres marques sont conclus. L'atelier devient vite une véritable usine qui, cependant, emploie le plus souvent des ouvriers suisses. La firme rencontre cependant quelques soucis financiers eet, en 1906, les fournisseurs commencent à se montrer moins coopératifs et peu patients. Les délais de paiement s'étant considérablement allongés, un de ces fournisseurs, Samuel Graf, en profite pour prendre la majorité des parts de l'entreprise. Dès son arrivée, ce nouveau partenaire suggère d'orienter les activités de l'entreprise vers l'automobile. Ernest Zürcher refuse mais il ne contrôle plus son entreprise. Ne voulant pas faire une copie d'une voiture Clément pour l'importateur milanais Corrado Frerra, Ernest Zürcher est purement et simplement "viré" par son banquier de la société "Fabrique de Moteurs et de Machines". Il est donc contraint de céder sa succursale de Pontarlier. De fait, entre l'usine suisse de Saint-Aubin et Pontarlier, le divorce est consommé. Par la suite, l'usine de Saint-Aubin est fermée. Ernest créera la "Fabrique de Moteurs pour Automobiles et de Moteurs Industriels Ernest Zürcher" et s'associera ensuite à Edmond Gentil, fondateur d'Alcyon.
A Pontarlier, si la production de moteurs de motocyclettes se poursuit, c'est désormais en parallèle à l’étude d’une automobile Zedel. La première automobile est annoncé en 1907, quasiment en même temps que le départ forcé d’Ernest Zürcher. Ce premier modèle, un 4 cylindres de 7/8 CV, est baptisé Type B et sera construite à 97 exemplaires dès la première année. En 1908, Ernest Zürcher et la firme française en revendiquent, d’ailleurs, la paternité, chacun de leur côté. Suisse ? Française ? La voiture est au centre d'un drôle de combat. Ernest Zürcher se bat pour obtenir les droits d'exploitation de la marque Zedel. Cependant, la justice tranchera et donnera raison à la France. Zürcher perd alors tous ses droits dont celui d'utiliser le nom de Zedel. Un comble pour celui qui a dessiné le premier moteur automobile Zedel !
Entre 1908 et 1914, sous l'impulsion de Samuel Graf, la production des automobiles Zedel va se diversifier. Après le type B, Zedel propose les modèles CA, CB, CC, CG, CF, des 4 cylindres toujours, et le type D, un modèle plus puissant, plus moderne de conception, qui va dynamiser l'image de marque de l'entreprise. Suivront les modèles CI, trés répandu, et le Type H 3563 CC, diffusée plus confidentiellement.

    

Type 4 cylindres 1908 et Type CI coupé Docteur 1911

Type 4 cylindres 1912

Type 4 cylindres CG
Toutes les voitures Zedel sont destinées à une clientèle aisée, des notables, des médecins, des industriels, mais aussi des personnalités du monde artistique, bref, une clientèle mondaine. La marque ira jusqu'à séduire les têtes couronnées. Le marché français n'est pas le seul visé, les modèles s'exportent notamment en Grande-bretagne, en Italie et même, ironie du sort, en Suisse, au grand désespoir d’Ernest Zürcher.

Jérome Donnet (1885/....)

En 1914, la déclaration de guerre met un terme brutal à la production des automobiles. Comme de nombreux constructeurs, Zedel est face à des problèmes d’approvisionnement en matière première et les débouchés se restreignent de plus en plus. Toutefois, employant en partie des ouvriers suisses, la marque poursuit tant bien que mal l’assemblage des voitures. Mais la firme est rapidement réquisitionnée pour produire des obus et une partie du personnel français est mobilisé. La guerre fait peur et certains éléments de première importance, des suisses, en profitent pour quitter l'entreprise. A l'Armistice, Samuel Graf est face à un triste bilan. A l'image du pays, son outil de production est totalement désorganisé. La production d'automobiles est cependant reprise, avec des stocks d'avant-guerre. Les modèles CE, produits en 1913 et 1914, reviennent sur le marché. En 1919, Samuel Graf décide de passer la main et se met à la recherche d'un repreneur. C'est Jérome Donnet, important industriel d'origine suisse également qui rachètera Zedel en 1919.
La suite est l'histoire de Donnet-Zedel