WACHEUX    

Dernière mise à jour : 26/05/2010

Orphelin du Nord

Petit historique

Il est des autos rescapées d'un autre temps, fragile et précieux témoignage d'une époque où les quatre roues à moteur suscitaient bien des curiosités... et des peurs. C'est le cas de Wacheux, unique exemplaire subsistant d'une production confidentielle. L'histoire se déroule à Calais, au tout début du XXe siècle. C'est dans cette ville du Nord qu'est implantée la famille Wacheux. Cette dernière a créé en 1898 la société Wacheux Frères. Eugène et Auguste Wacheux se diversifient bientôt dans plusieurs domaines industriels : la dentelle, les chemins de fer ainsi que les cycles.

Eugène et Auguste Wacheux

En 1903, Auguste innove en se lançant dans la construction d'une automobile. Cette production prendra fin deux ans plus tard, sans que l'on sache le pourquoi de cette fin prématurée. Même interrogation sur le nombre d'exemplaires produits. Une seule certitude à l'heure actuelle : un unique témoignage de cette étonnante aventure subsiste, sous la forme d'un phaéton, daté de 1904. Son actuel propriétaire est M. Bourg, qui, aidé apr le taco Club de Calais, a retrouvé les descendants de la famille Wacheux. Ces derniers ignoraient tout de l'histoire familiale. Ce qu'il y a d'extraordinaire dans cette histoire, c'est que al Wacheux a traversé les décennies sans importantes modifications et, surtout, a franchi le nouveau siècle dans un état de stupéfiante bonne santé. Lorsque M. Bourg l'a achetée à un ami, en 2002, il n'a eu, selon sa propre expression, "qu'à la rafraîchir". Ce passionné d'autos anciennes, par ailleurs féru de mécanique, s'est contenté de démonter la mécanique afin de la fiabiliser. Cela lui a permis d'attester de sa date de naissance, grâce à la plaque du moteur De Dion, affichant le numéro 16.740, ce qui correspond à une production de 1904. Cette exploration lui a donné également l'occasion de découvrir sur la boîte de vitesses et l'embrayage la marque Wacheux, preuve que les deux frères s'étaient consacrés durant un temps à la production d'embrayage à cônes. La Wacheux, restaurée, est désormais l'une des stars de la collection, qui compte également une Le Zèbre type 3 et une Peugeot Quadrilette 172.

   

Le phaéton

Au niveau du style, la Wacheux se présente sous les traits patinés d'un phaéton avec châssis tubulaire et ailes en bois. Seuls ajouts de carrosserie, qui remonterait aux années vingt : une petite portière, mais de l'aveu même de l'heureux propriétaire, "cela lui va bien". Sur ce véhicule à peine plus grand qu'une auto de manège, on découvre également une petite banquette à deux places revêtue de similicuir et un coffre à l'arrière, légèrement fuyant. Alimenté par un carburateur, le moteur monocylindre De Dion revendique 445 cm3 pour une puissance de 3 chevaux. L'embrayage est de type Wacheux avec pédale à droite. Les freins sont classiquement à sangle. Lorsque M. Bourg a récupéré cette auto, elle avait perdu son allumage électrique d'origine, que notre passionné s'est empressé de remettre en place, car, au fil du temps, les différents propriétaires se transmettaient l'excellente initiative de conserver les pièces d'origine, ou simplement démontées dans une caisse, véritable "trousseau" de l'auto.

M. Bourg fait partie de ces collectionneurs qui restaurent pour rouler. Malgré quelques soucis mécaniques, la Wacheux participera à quelques sorties, comme lors du rallye des ancêtres en 2002. En janvier 2007, on la retrouve cependant dans la liste des automobiles vendues par l'ACCLC, Automobiles Classic et Collection de La Clayette.