VELAM    

Dernière mise à jour : 26/05/2010

Le minimum...

Petit historique

Après la guerre, beaucoup d'italiens s'improvisent constructeurs d'automobiles. Certains sont des bricoleurs, d'autres des rêveurs ou des escrocs cherchant à s'enrichir dans un pays en ruine. Parmi ces pseudos constructeurs, qui proposent des véhicules à trois ou quatre roues plus ou moins baroques et plus proches des autos de fêtes foraines qu'autre chose, on trouve un certain Renzo Rivolta, industriel qui a fait fortune dans les réfrigérateurs. Après s'être lancé dans la fabrication de scooter, il achète le brevet d'un petit véhicule de forme ovoïde conçu par l'ingénieur Preti. Malheureusement, il doit faire face à la concurrence des Vespa et autres Lambretta, et surtout, au géant Fiat qui va proposer sa Fiat 500. Si la production des voitures de Rivolta est un échec en Italie, avec moins de seulement 40.000 voitures construites, il aura plus de chance à l'étranger en vendant des licences, à Velam en France, et à BMW en Allemagne.
En 1955, le marché français de la voiturette destinée à une clientèle à la recherche d'une machine la plus économique possible, est encore bien vivace. L'Isetta, produite par Velam, s'inscrit dans cette démarche.

Originale avec sa porte frontale
L'Isetta fut présentée en France lors du Salon de Paris de 1954, par Velam, Véhicule Léger A Moteur. L'Isetta Velam fut produite dès l'été 1955 dans un local de l'ancienne usine Talbot de Suresnes. L'Isetta se présente sous une curieuse forme ovoïde, dont la principale curiosité demeure l'accès à l'habitacle. L'usager doit manoeuvrer vers la gauche une porte frontale qui entraîne dans l'action d'ouverture le volant et la colonne de direction. Cela permet de stationner facilement dans les grandes villes, notamment perpendiculairement au trottoir. La face avant, peu gracieuse, évoque un sympathique batracien à cause des deux optiques latérales placées sur les flancs de la caisse. A l'arrière, on découvre une large lunette panoramique donnant une bonne vision et une luminosité optimale. L'Isetta possède un toit ouvrant constitué d'une toile imperméabilisée glissant vers l'arrière.

    

On remarque de suite la surface vitrée importante et le toit ouvrant renforçant la luminosité par beau temps
Contrairement aux versions italienne et allemande, la carrosserie de l'Isetta Velam relève de la technique monocoque, c'est-à-dire sans châssis traditionnel. La mécanique se fixe en porte à faux à droite de la machine, en avant du train arrière à voie étroite. Si le modèle assemblé par BMW reçoit un groupe à quatre temps d'une cylindrée de 245 cm3 issu de sa production motocyclette, l'ISetta Velam hérite du bicylindre Iso de 236 cm3 à deux temps, refroidi par air forcé à l'aide d'une turbine (doté d'une chambre de combustion commune), développant 10 chevaux. C'est bien ce domaine technique qui freine inexorablement le succès commercial de l'Isetta. En effet, les nuisances sonores, constatées à l'intérieur de l'habitacle, engendrées par le petit 2 cylindres sont rapidement insupportables. De plus, l'ensemble manque cruellement de souplesse, ce qui représente un handicap certain pour une utilisation citadine. Déjà inaccessible, la mécanique implique une autre contrainte. Son cycle de fonctionnement à deux temps impose à l'utilisateur de pratiquer une contorsion supplémentaire afin de réaliser le mélange huile-essence, une mission qui devient vite une véritable corvée. Par ailleurs, la carrosserie ne jouit pas d'une parfaite étanchéité en cas d'intempéries. La suspension avant indépendante est assurée par un curieux dispositif à anneaux en caoutchouc fournis par la maison Neimann, un système ui vieillit fort mal. A l'arrière, on observe un essieu rigide à lames longitudinaux demi-cantilever. Les freins hydrauliques agissent sur les roues avant. La puissance moteur est transmise par chaîne aux roues arrière via une boite de vitesses à 4 rapports. Conscients des problèmes rencontrés, les concepteurs de la machine dote l'Isetta millésime 1957 d'une insonorisation plus conforme à la normale, et un nouveau modèle à la partie arrière totalement découvrable fait son apparition au catalogue.

Isetta 1955
Ixo

Pour la saison 1958, une Isetta haut de gamme baptisée Ecrin, facturée 380.000 francs, est dévoilée. Elle comporte une finition autrement soignée, un auto radio, une peinture bicolore, des vitres coulissantes et une large lunette arrière panoramique. Malgré ces louables efforts et un concept général plutôt réussi d'automobiles citadine, l'Isetta Velam souffre de bien trop de défauts majeurs pour s'imposer auprès de la clientèle pour laquelle elle a été conçue. La Société Velam cesse ses activités au mois de janvier 1959 et celle qu'on surnommait "pot de yaourt", comme la Fait 500, se raréfia sur le marché français. La production avait toutefois atteint près de 7.500 unités. A l'époque, une Isetta Velam s'échangeait contre 297.000 francs, au moment du Salon 1955. En comparaison, une 2 CV Citroën Type A coûtait 346.000 francs. Malgré sa philosophie rustique, l'Isetta doit être considérée comme une véritable automobile, et non pas comme une voiturette pénible à utiliser. Soulignons que la 2 CV de l'époque disposait, elle aussi, d'un 2 cylindres à plat opposés de 375 cm3 de 9 chevaux.
La version française, produite de 1955 à 1958, se distingue de sa soeur italienne par ses pare-chocs plus enveloppants et des phares situés plus haut. Pour le reste, c'est de l'identique. Porte frontale, roues jumelées à l'arrière pour plus de stabilité, toit en toile enduite, l'Isetta pouvait accueillir deux, voir trois personnes. On la distingue aussi par le nom de Velam appliqué en grandes lettres sur la portière frontale. Sa grande rivale fut, à l'époque, la petite Vespa 400.

Isetta 1955 Pinder
Ixo

En Allemagne

La version allemande, la BMW 600 millésime 1960, elle aussi basée sur le concept italien Iso, innovait en ajoutant deux portières arrière latérales. D'une construction beaucoup plus soignée que sa cousine française, elle disposait d'un bicyclindre à plat refroidi par air de 582 cm3 délivrant 19 ch DIN. La machine coûtait en France la somme de 620.000 francs