GAZ, ou Gorkovsky Avtomobilny Zavod, est devenue la Nijni Novgorod. Fondée en 1932 avec l'aide des américains
(Ford), elle est la seconde usine de production d'automobiles russe par le nombre d'unités produites.
La première Gaz fut la "A", une copie de la Ford A. Viendront ensuite les M1 en 1936, puis, juste avant la guerre,
la 11-73. C'est elle qui sera réintroduite sur le marché en 1948.
Andreï Aleksandrovitch Jdanov est né le 14 février 1896 et fut un
politicien partisan de Staline. Il adhéra à la faction bolchévik du parti
Ouvrier social-démocrate en 1915 et gravit les échelons du parti, devenant chef
de ce dernier à Petrograd après l'assassinat de Sergueï Kirov en 1934. En 1947,
il organise la coordination des partis communistes européens et jette les bases
de la politique de Guerre froide. Décédé en 1948, il aura également la fonction
de Superviseur pour Staline lors de la fondation de l'entreprise GAZ.
La Gaz Type A fut produite, dans sa version tourisme, à plus de 41.000 exemplaires jusqu'en 1936, année ou la M1 arrive au
catalogue. Inspirée de la Ford V8 de 1933, elle disposait d'un châssis renforcé pour s'adapter au mieux au réseau routier
soviétique en piteux état. La M1 évoluera en M11/40 en 1938, en M11/73 en 1940. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Gaz
produira des versions 4 roues motrices à partir de la M11/43, le Type 61/73.
Cette version 4x4, bien utile dans un pays aux routes accidentées ne sera pas unique, Gaz, tout en construisant
des camions développés pour l'effort de guerre, proposa le 4x4 "64", une copie de la Jeep américaine, et le
Type "67", lancé en 1943 et le plus produit.
Après la guerre, Gaz va se concentrer principalement sur la production de véhicules militaires et de poids-lourds.
Mais la production automobile ne sera pas stoppée et elle reprit en 1946 avec la M20 Podjeba, voiture de tourisme élégante
dotée de formes très profilées. La lettre M est là en hommage au Maréchal Molotov. Le nom de Podjeba (Victoire) fut choisit en 1943, pour fêter
la victoire à venir du pays lors de la Seconde Guerre mondiale. Lors de la contre-attaque contre les armées d'Hitler, les russes
mirent la main sur les usines Opel et se servirent. Les machines et les plans furent rapatrier vers la Russie. Moskvitch récupéra les plans de
l'Opel Kadett K38 pour sa 400, Gaz copia de son côté ceux de l'Opel Kapitan. Cet emprunt fut considéré comme butin de guerre
après la capitulation de l'Allemagne en 1945.
Cette M20 sera produite jusqu'en 1958, et en Pologne par FSO jusqu'en 1968. Au départ, la M20 Podjeba
fut déclinée en version cabriolet, produite à 14.220 unités,
et en version 4x4 à 4.677 exemplaires. Le cabriolet sortira des chaînes de montage entre 1948 et 1953, le 4x4 de 1955 à 1958.
Au total, ce seront 235.997 exemplaires qui furent produites.
12 Zim ou M12

Zim est le nom donné à l'usine automobile Gaz de Gorki. C'est l'abréviation de Zavod Imieni Motoya, usine molotov. Zim
produira les gasz 12, une voiture se situant entre la Podjeba et la Zis 110. La Zim 12 est une luxueuse limousine à sept places, dessinée par
Andrej Lipgart, avec des lignes très maéricaines, un style que l'on retrouve sur les Cadillac de la même époque. Loin d'atteindre le prestige
d'une limousine Zis (Zil), elle sera toutefois très répandue, puisque principalement utilisée par les administrations publiques qui l'adoptent
pour leurs services. Un nombre limitée sera cependant vendues à des clients privées (on parle de 12 exemplaires). Sa production s'achèvera
en 1959, année ou elle est remplacée par la Chaïka, ou Gaz 13.
M21
Après la mort de Staline, Nikita Khrouchtchev souhaite faire évoluer l'Union Soviétique et populariser l'automobile.
Il fallait également faire sortir la production d'un système étatique pour la moderniser. En effet, jusqu'alors, cette production
entrait dans le cadre d'une planification quinquennale, ce qui rendait toute concurrence avec l'Europe impossible. De plus, il n'y
avait pas de marque proprement dit, juste des familles de modèles en fonction de l'usage des véhicules. Il fallait désormais faire
aussi bien que les européens ou les Etats-Unis. La Volga M21 doit donc être à la hauteur des espérances. Les premiers dessins datent
de 1953, et la présentation de 1955. Oeuvre du styliste Andreï Liphart, qui s'inspire encore des Ford américaines, elle adopte
une nouvelle carrosserie plus moderne, et une nouvelle mécanique plus puissante que ses devancières. Grande voiture, elle se
démarque des autres productions russes, comme Tchaïka, Zil ou Zis puisqu'elle n'est pas destinée aux membres du gouvernement ni
aux hauts fonctionnaires du régime, mais aux masses laborieuses aisées. Les démunis devaient cependant se contenter des
Lada ou Moskvitch.
Volga est d'abord une marque commerciale destinée aux voitures produites par la firme GAZ.
Apparue au début des années cinquante, la M 21 est la première à avoir porté ce
nom de Volga. C'est aussi la première voiture russe susceptible d'être comparée
aux productions occidentales, en technologie et en qualité. Très inspirée des
carrosseries américaines, la M 21 est, comme les productions de l'Est, robuste
et fiable, deux raisons suffisantes pour que les chauffeurs de taxis russes l'adoptent.

Volga M21 1955 Taxi de Moscou
Ixo
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La propagande fut axée sur la performance, non pas de la voiture, mais de l'industrie automobile soviétique qui mit au point,
en seulement deux ans, une nouvelle voiture. En réalité, les voitures présentées à la presse n'était que des prototypes. Les premiers
véritables M21 ne sortiront des chaînes qu'en 1956, et seules 5 voitures furent produites. Ces premières voitures furent d'ailleurs
dotées du moteur de la M20 revu et corrigé, le nouveau n'étant pas encore prêt. Il y aura trois série de M21, de 1956 à 1958,
de de 1958 à 1961 et enfin, la troisième en 1962. C'est le modèle qui sera le plus diffusé. Dans le même temps apparaîtra le
break M22 et une version V8, la M23 (destinée au KGB).
La Volga fut commercialisée également en Belgique et en Hollande, par Scaldia Volga Bruxelles.

Volga M21 Monte-Carlo 1964 S. Tenishev/A. Dmitrievsky
Ixo
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En 1964, à partir de la troisième génération des Gaz 21, l'usine prépara trois voitures pour les engager dans le Monte-Carlo. Cette année-là,
une autre voiture russe participait à l'épreuve, une Moskvitch 403. Anatole Dmitrievsky et Sergei Tenishev sont à bord de la Volga n° 31 et prennent
le départ de Minsk, comme les deux autres équipages de la marque. Confiants dans la robustesse de leur modèle, les soviétiques n'a effectué aucune préparation
spécifique pour la course. Ils emportent toutefois de nombreuses pièces de rechange, des roues de secours, du carburant et de l'outillage.
Comme les russes voulaient être autonomes, aucune assistance n'est prévue le long du parcours et aucune reconnaissance n'a été effectuée. L'équipe
se contentait des seules cartes de l'ACF et les trois équipages décidèrent de rester les plus proches possible les uns des autres. En Belgique,
ils purent disposer d'une carte par voiture. Cela ne les empêchera pas de se perdre à plusieurs
occasions. Ils parviendront à l'arrivée hors temps
et ne seront pas classés. Dmitrievsky et Tenishev auront cependant atteint leur objectif en terminant l'épreuve qui était totalement nouvelle pour eux et
pour la marque.
M13
En plus de la M21, Gaz a produit, entre 1950 et 1959, une limousine pour les apparatchiks. Cette voiture,
la Gaz Tchaïka M12, donnera naissance à la M13, une véritable copie de la Chevrolet Bel Air 56 ou d'une
Cadillac. On retrouve d'ailleurs l'inspiration américaine dans la forme du large "V" sur la calandre, un rappel
au V8 placé sous le capot. Cette M13 sera produite entre 1959 à 1981. En 1977, une version longue fera son apparition,
la Tchaïka 14, cette dernière sera produite jusqu'en 1989.

Volga 13 Chaïka 1965
Agat
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M24

La Volga M24 succède à la M21, elle est dévoilée en décembre 1967. Moins élégante que les voitures européennes de
la même époque, elle marque cependant un progrès par rapport à la production soviétique des années 60. Proche
esthétiquement des Rambler ou des Chevy II américaines, elle va évoluer doucement jusqu'en 1982.
Best seller de la marque, la M24 ressemble, vue de l'avant, à une Ford 20M. Elle est proposée en version
berline et en break, et une version sera même exportée en Belgique par Scaldia, avec moteur
Indenor identique à celui de la Peugeot 504 française. En 1982, elle subit un lifting et reçoit un nouveau nom, la "3102".
Elle va recevoir plusieurs motorisations, Rover ou Toyota par exemple, et pour suivre la mode, sa face avant sera régulièrement
redessinée. Cette nouvelle vie sous le nom de 3102 va lui permettre de rester au catalogue jusqu'au début des années 2000.
Le break, lui, sera produit uniquement entre 1992 et 1997.


3102
La 3102, évolution de la 24, conserve la même cellule centrale que la M24 mais
son habillage est amélioré. Elle reçoit un nouvel avant, un nouvel arrière, ne
possède plus de déflecteurs aux vitres avant, et les accessoires sont
différents. Pendant ce temps, la marque étudie de nouvelles voitures appelées à assurer l'avenir de l'entreprise.
Cette dernière, cependant, rencontre de sérieux problèmes financiers et le projet d'une 3105 à moteur V8, prévue pour remplacer
les antiques Tchaïka, est abandonné en 1997. Gaz va alors s'allier à Fiat pour construire les
Palio et Marea.


Dans les années 90, les modèles se succèdent donc, 3103 d'abord, puis 3105, 31029 berline, 31022 break, toutes des 3102
modernisées. En 1997, la 3110 est ajoutée au catalogue, avec ses versions break et 4x4. Pendant cette période malheureusement,
Gaz perd des parts de marché et la chute va devenir de plus en plus alarmante. De 130.000 véhicules produits dans les
années 80, gaz n'en produira que 81.000 en 2001, 66.000 en 2002 et 57.000 en 2003.
Même l'arrivée de la 3111 en 2000 ne redressera pas la barre. Désastre commercial, elle ne séduira qu'une cinquantaine d'acquéreurs.
En 2005, la firme annonce sa volonté d'abandonner la production automobile mais en 2006, elle annonce la reprise de sa production
avec des voitures qui recevraient, si les accords se concluent, des mécaniques Daimler Chrysler... celles du Voyager par exemple.
La firme achètera sûrement les droits de fabrication des Chrysler Stratus et Sebring dans le même temps.
