LA COMPETITION AUTOMOBILE     

Dernière mise à jour : 18/05/2010

    Emilio Giuseppe Farina (1906/1966)    

Une seule passion, la vitesse...

Né le 30 octobre 1906 à Turin, l'année du premier Grand Prix de l'ACF auquel Giuseppe Farina participera quelques années plus tard, le petit Farina ne sait pas encore, bien sûr, qu'il va devenir plus qu'un champion, et devenir une véritable légende.

"Nino"

Né dans une famille passionnée d'automobile, ce moyen de locomotion magique qui a vu le jour il n'y a pas si longtemps, Giuseppe grandit dans une ambiance où l'automobile devient une véritable religion. Giuseppe ne pouvait donc échapper à son destin. C'est à cette époque que son grand père, Giovanni, crée un atelier de carrosserie. Lorsque la carrosserie familiale est reprise par Battista "Pini", Giuseppe, dit "Nino", se destine à l'économie politique. Il fera de longues et brillantes études dans ce domaine mais sera rattrapé par sa passion. De l'avis de presque tous les observateurs, Giuseppe Farina ne ressemble pas aux pilotes de l'époque, venus de la mécanique pour une grande majorité. Lui est plus distant, un jeune homme de bonne famille à la fois bien élevé mais un brin hautain.

Pilote

C'est par la course de côte que Nino fait ses premières armes en compétition, en 1932, dans la course d'Aoste-Col du Grand St Bernard. Cette première prestation se termine à l'hôpital, suite à un accident. Ce ne sera que le premier de ses accidents, le premier d'une assez longue série. Il s'accorde alors un petit break, afin de poursuivre ses études. Ces études en économie se soldent par une doctorat. Notre "Dottore" accomplit ensuite ses obligations militaires et se retrouve lieutenant dans la cavalerie. Il revient ensuite à sa passion, la compétition automobile. En 1935, aux côté d'Etancelin, Nino pilote une Maserati de l'écurie Subalpine. Il remporte alors son premier GP, le 30 septembre 1934, au cours du 5e Masarykuv Okruh à Brno, en Tchécoslovaquie, catégorie Voiturette 1.500 cm3. L'année suivante, on le retrouve au sein de la grande écurie Alfa Romeo, pour laquelle il termine second des Mille Miles. Avec Alfa Romeo, il glanera de beaux résultats qui lui permettront de perdurer en son sein et de participer, très vite, aux Grands Prix. Fougueux, Nino a la réputation d'être trop rapide. Enzo Ferrari dira de lui : "Au moment du départ, il me fait peur." Fangio sera plus précis dans son appréciation : "Farina est quelqu’un que je respecte mais je ne l’admire pas. Nino roule vraiment comme un fou. Il croit en la protection de la Madone, mais il doit savoir que la Madone ne sera pas toujours à sa disposition".

Nino, lors du Grand Prix de l'Autodrome de Monza, le 17 octobre 1948, à bord de l'Alfa 166C

Break

Sa fougue, sa détermination, et son style, seront vite appréciés et très rapidement, Tazio Nuvolari le prend sous son aile. Malgré la suprématie des Mercedes et Auto-Union, Nino restera fidèle aux voitures italiennes, et avec Alfa Romeo, tentera toujours de résister à ces puissantes allemandes, voir de les battre en prenant beaucoup de risques. Il en résulte quelques accidents, parfois mortels... Cette conduite particulière lui vaudra, injustement, la réputation de pilote dangereux. Ses rivaux, comme ses amis, lui feront souvent la remarque.

Succès

Malgré une conduite "dangereuse" pour certains, et beaucoup d'abandons, Nino remportera quelques beaux succès, dans des compétitions de premier ou de second plan. Il s'impose dans la 3e Coppa Principessa di Piemonte, le 25 avril 1937 à Posillipo Park sur Alfa Romeo 12C-36, et s'octroie de belles secondes places en 1938, dans la Coppa Ciano, la Coppa Acerbo et le Grand Prix d'Italie à Monza. En 1939, il remporte la Coppa Ciano, sur Alfa 158, puis le 14e Grand Prix de Tripoli au Liban le 12 mai 1940, toujours sur Alfa 158. Certaines de ces victoires compte alors pour la Coupe des Voiturettes, l'ancêtre des Formule II. C'est véritablement en 1938, avec l'arrivée des Alfetta que Nino enrichit son palmarès en obtenant, en 1937, 1938 et 1939, trois titres nationaux consécutivement. En 1940, A Tripoli, Nino sera le dernier, avant la Seconde Guerre, à imposer une Alfetta sur circuit.

Après-guerre

LA Seconde Guerre mondiale survient après quye Nino a été s&cré par deux fois Champion d'Italie, à la fin des années trente. A la reprise des activités sportives, Nino Farina n'a rien perdu de sa superbe. En 1946, six ans après sa victoire à Tripoli, il signe le grand retour de l'Alfette en remportant le Grand Prix des Nations à Genève, le 21 juillet. La guerre vola sûrement, comme à d'autres pilotes de l'époque, quelques années de gloire à Giuseppe, mais pour ce dernier, ce fut cependant comme une petite parenthèse. Il revient comme en 1940, aussi fougueux, aussi téméraire. Même son caractère est resté intact, ce qui aura encore des conséquences sur son avenir. Après une consigne de course mal vécue, il claque la porte de l'écurie Alfa Romeo. Les quatre années qui vont suivre seront un mélange d'insuccès et de succès, Giuseppe allant, au gré de ses humeurs, de Maserati à Ferrari, et entre quelques périodes de convalescence. En effet, s'il remporte quelques courses, il est encore victime de nombreux accidents dont il ressort souvent, miraculeusement indemne. Selon lui, c'est principalement "grâce à ses prières à la vierge". Sa légende de pilote indestructible se forge ainsi. C'est en 1948, sur sa maserati privée, qu'il obtiendra un nouveau succès, dans les rues de monaco. Il remporte aussi le Grand Prix de Genève et celui de mar del Plata, en Argentine.

Nino, à bord de la Ferrari 500

Premier Champion du Monde de F1

En 1950, il retourne chez Alfa Romeo, et rejoint Luigi Fagioli. L'écurie a trouvé les moyens financiers d'aligner trois voitures dans le nouveau Championnat du Monde des conducteurs qui débute. Il se retrouve avec Luigi Fagioli et, le dernier arrivé, Juan Manuel Fangio. Ce dernier complète ce qui va former la célèbre "triplette" de l'écurie italienne, les fameux "trois Fa". Encore une fois, Giuseppe est furieux, car c'est au cours d'une de ses périodes de convalescence que l'écurie réalisa le recrutement de l'argentin, un équipier de qualité, mais aussi un sérieux candidat aux victoires. Ce qui promet, pour la première saison de F1, de beaux duels entre les deux hommes. Les "3 FA", comme on les nomment, se retrouvent au départ des premiers Grands Prix du nouveau Championnat du Monde. Farina à alors 44 ans, Fagioli 52, et Fangio, le plus jeune, 39. Au Grand Prix d'Angleterre, le 13 mai 1950, sur l'ancienne base aérienne désaffectée de la Royal Air Force, une vingtaine de bolides s'élancent à toute vitesse. Nous sommes à Silverstone et le championnat de F1 était né. Farina profite de la puissance de sa voiture pour dominer la course, décrochant la victoire devant Fagioli et Reg Parnell, quatrième pilote Alfa Romeo. Fangio abandonna au 62e tour suite à un conduite d'huile défectueuse.  Les Alfa Romeo maîtrisent la course, battant largement les Talbot Lago, ERA et Maserati engagées. Malchanceux à Monaco, absent à Indianapolis (tout comme les autres pilotes européens), victorieux en Suisse à Bremgarten, quatrième en Belgique à Spa-Francorchamps et septième en France à Reims, il termine la saison en signant une nouvelle victoire en Italie à Monza. Avec 30 points acquis, il devance Fangio et ses 27 points, remportant de ce fait, chez lui, le premier titre tant convoité de Champion du Monde de F1. La fin de cette saison se résuma par un duel Farina/Fangio, Luigi Fagioli n'ayant jamais été en mesure de rivaliser avec ses deux coéquipiers. En fait, le titre s'est joué à Spa. Ce 18 juin 1950, Farina doit, à contrecœur, finir la course en ménageant sa voiture, pénalisé par une transmission problématique. Sans dépasser les 100 km/h, il parvient à se hisser à la quatrième place, glanant de ce fait trois points. S'il avait forcé l'allure, il aurait sûrement couru à l'abandon, perdant ses précieux 3 points qui, en fin de saison, furent ceux qui le sépareront de Fangio pour le titre.

Téméraire, chantant au volant dans les courbes prises à fond, Giuseppe Farina signa là sa plus belle saison. Sur leur Alfa 158, Farina, Fangio et Fagioli remportent tous les grands prix de la saison 1950, une saison historique. Giuseppe remporte donc trois des six grands prix disputés, et s'octroie deux pole positions et trois records du tour. Dès 1951, la suprématie de Fangio, et l'arrivée d'Ascari et de Ferrari, éclipseront ses derniers succès.

Nino, à Silverstone en 1950

1951 - 1956
Dernières cartouches

En 1951, Farina joue de malchance. Sur 7 Grands Prix, il n'en finit que 4, devant abandonner sur panne en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Italie. Il remporte le grand Prix de Belgique et termine troisième en Suisse et en Espagne, cinquième en France. C'est insuffisant pour, en fin de saison, monter sur le podium. Il se retrouve au pied du podium avec 22 points, saluant le titre de Champion du Monde de Juan Manuel Fangio (37 points), ce dernier étant entouré de deux pilotes Ferrari, Alberto Ascari et José-Froilan Gonzalez.

Nino, à Silverstone en 1951, à bord de l'Alfa 159B

Reims, 1951
Pour 1952, Giuseppe Farina a rejoint l'écurie Ferrari et se retrouve avec Alberto Ascari. Fangio, parti chez Maserati, et inscrit pour le premier Grand Prix de la saison en Suisse, ne prend pas le départ, sa voiture étant indisponible. On ne le verra pas sur les courses suivantes. C'est un adversaire de taille en moins pour Farina. La saison est mal engagée pour notre pilote, avec un abandon dès le premier Grand Prix. Ce jour-là, un problème de magnéto au 16e tour le contraint à rejoindre les stands. Il repart quelques tours plus tard au volant de la voiture d'André Simon mais n'ira pas loin, victime de la même panne que sur sa voiture. Par chance, Alberto Ascari n'est pas là et c'est Piero Taruffi qui remporte l'épreuve. Après Indianapolis, ou Ascari abandonna mais ou Farina était absent, les pilotes Ferrari se retrouvent à Spa. Ascari devance largement Farina (1 mn 55s) et empoche les 8 points de la victoire. Même film à Rouen, avec cependant un écart pratiquement nul. Taruffi terminant troisième, Ferrari s'offre un beau triplé. A Silverstone, Farina termine 6e, Ascari 1er. L'écart se creuse. En Allemagne et aux Pays-Bas, Ascari termine une nouvelle fois devant Farina. Enfin, à Monza, Ascari clôture le championnat par une nouvelle victoire. Cette fois, Farina est 4e. Au Championnat, Giuseppe termine second, loin derrière Ascari qui remporte son premier titre.

Rouen, 1952
En 1953, encore avec la Scuderia Ferrari, Nino remporte un Grand Prix, celui d'Allemagne, et se retrouve 3e du championnat derrière Ascari et un jeune pilote prometteur, Mike Hawthorn. Une fois retiré du Championnat du Monde de formule 1, Nino Farina a tenté de participer par deux fois aux 500 Miles d'Indianapolis, en 1956 et 1957, sans succès. Notons à ce sujet que cette grande épreuve américaine faisait partie du Championnat du Monde de Formule 1 pendant les années cinquante.

L'Amérique
Nino Farina a connu plusieurs accidents en course, tout au long de sa carrière. Lors de sa première course de côte d'abord, puis aux Mille Milles en 195. Cette même année, sa voiture prit feu à Monza, le laissant sérieusement blessé. L'année suivante, encore à monza, un autre accident vint mettre un terme à sa carrière. C'est également lors d'un banal accident de la route qu'il perdra la vie le 30 juin 1966, près de Chambéry.