CES HOMMES QUI ONT FAIT L'AUTOMOBILE     

Dernière mise à jour : 18/05/2010

    Charles-Armand Trepardoux - 1853/1920    

"Vaporiste" avant tout

Fondateur de la firme De Dion-Bouton, au même titre que le Comte de Dion et Georges Bouton (son beau-frère), Trépardoux fut un ardent défenseur de la vapeur. Ingénieur  spécialiste des petites chaudières à grand rendement, son nom aurait pu devenir aussi célèbre que celui de ses deux associés, mais il choisira de poursuivre l'aventure dans un secteur en perte de vitesse, n'étant pas en accord avec le choix de De Dion qui décide de poursuivre avec des véhicules dotés de moteur à pétrole. En 1893, il quittera ses deux amis lorsque ces derniers décideront de passer à la motorisation à pétrole.

Rencontre avec Bouton

Charles-Armand Trépardoux est né le 26 février 1853 à Paris. Il fut, avec le Comte de Dion et Georges Bouton, un pionnier de l’automobile. Encouragé par son père, il suit des études techniques et entre à l’Ecole Impériale d’Arts et Métiers d’Angers en 1868. Après trois ans d’études en sciences mécaniques, il accompli son service militaire dans un régiment de génie en 1873. Il devient ensuite dessinateur industriel à Paris. Marié en 1877, il se retrouve vite veuf. Demeurant rue de Clignancourt, il rencontre un autre habitant du quartier, Georges Bouton, mécanicien. Les deux hommes s’associent et ouvrent un atelier dans le passage Léon, près de la Rue de la Chapelle et construisent du matériel pour les cabinets de physique et des instruments scientifiques de précision.
En 1879, Charles-Armand épouse la jeune sœur de Georges Bouton, Eugénie-Ernestine. Les deux hommes se font vite un nom et les réalisations de qualité sont appréciées par des amateurs fortunés. Les deux hommes produisent également des modèles réduits de bateaux à vapeur ou des locomotives de salon. Ces objets rencontrent un certain succès et sont commercialisés par la Maison Giroux, boulevard des Italiens à Paris.

Rencontre avec le Comte De Dion

A la fin de l’année 1881, le Comte Albert de Dion passe devant la devanture du magasin ou sont vendus les articles de Bouton et Trépardoux. Une petite machine à vapeur attire son regard. Grand amateur de propulsion mécanique, le Comte examine le modèle et s’enthousiasme devant la précision et la qualité de la réalisation. Il demande alors l’adresse des concepteurs de la machine et s’empresse d’aller à la rencontre des deux hommes. A cette époque, Trépardoux et Bouton projettent déjà la mise au point d’un nouveau type de chaudière permettant d´assurer la force motrice de véhicules légers.

Association

Séduit par le projet de Bouton et Trépardoux, le Comte De Dion décide de financer l’aventure et en 1882, ils fondent la société "Trépardoux et Cie, ingénieurs-constructeurs". Si la raison sociale ne mentionne que le nom de Trépardoux, c’est tout simplement pour être en règle avec le service des Mines, Trépardoux étant le seul à posséder le titre d’ingénieur. Très vite, le premier quadricycle voit le jour, expérimenté en 1884. Les premiers résultats étant concluants et prometteurs, les trois hommes décident de lancer la construction d’un nouveau véhicule, plus puissant. Ce dernier voit le jour en 1885.

Première automobile

La première automobile connaît vite le succès et l’un des premiers clients est le célèbre chocolatier Menier. La chaudière est robuste, fiable, puissante, mais également légère, ce qui permet de l’utiliser également sur des canots ou des yachts de plaisance. La société prospère et en 1887 devient la société "De Dion, Bouton et Trépardoux". Le ministère de la Marine va choisir la société pour construire la chaudière d’un torpilleur, ce qui va assurer une stabilité et permettre de voir l’avenir avec sérénité. Dans le même temps, la firme participe à une course de vélocipède. Le 28 avril, Georges Bouton, à bord d’un tricycle à vapeur couvre les 32 km de l’épreuve à une vitesse de 26 km/h et aurait dépassé la vitesse record de 60 km/h. La notoriété de l’entreprise est désormais acquise et à l’arrivée de la concurrence, De Dion-Bouton-trépardoux est bien installée sur le marché des chaudières et des automobiles.

Association brisée

Les moteurs électrique et les moteurs à combustion interne commencent à apparaître, mais ils sont encore peu fiable. Cependant, les moteurs à pétrole attire De Dion qui a déjà senti que ces derniers remplaceront vite les moteur à vapeur Trépardoux, lui, est un fervent défenseur de la vapeur et n’est pas du tout d’accord avec le Comte. Une opposition entre les deux hommes va sonner le glas de l’association. Trépardoux ne supporte plus la désinvolture du Comte et de plus, est très opposés aux orientations techniques et industrielles que ce dernier envisage pour la société. Les querelles deviennent de plus en plus fréquentes et de pus en plus virulentes. Le 27 mai 1893, l’association se brise.

A cette époque, Trépardoux s’intéresse aussi à la politique. Conseiller municipal de Puteaux depuis 1888, il s’occupa des projets d´extension de lignes de tramway entre Marly-le-Roi et la porte Maillot. Il devient ensuite premier adjoint au Maire et participera à la construction du pont de Puteaux. Si ces affaires l’occupent, c’est le décès brutal de sa femme lors de la naissance de son fils qui va le plus l’affecter.

De la vapeur au pétrole

Avec la rupture de l'association, Trépardoux récupère ses droits d'exploitation sur certains brevets. Rapidement, le nom de Trépardoux disparaît de la raison sociale de la société et certains diront que c'est le Comte de Dion qui s'est empressé de le faire disparaître, dans la dénomination mais aussi dans les archives de l'entreprise, sur les photos ou les plaques de cuivre des machines. Trépardoux parti, le comte peut désormais réaliser ses projets. bouton, lui, fera partie de la nouvelle aventure qui mènera de Dion-bouton vers les moteurs à pétrole.

Retraite discrète

Seul, trépardoux va poursuivre ses travaux, concevant différentes machines et développant de nouvelles applications pour ses chaudières. En 1896, il dépose de nouveaux brevets mais les moteurs à combustion interne gagne du terrain et la vapeur décline. Trépardoux rencontre de nombreuses difficultés à se développer. En 1902, il quitte Paris pour rejoindre son nouveau beau-père, Charles s'étant remarié depuis le décès de sa première épouse. Il quittera St-Aubin-les-Forges pour revenir sur Paris et décèdera le 4 mai 1920 à Arceuil-Cachan.