CES HOMMES QUI ONT FAIT L'AUTOMOBILE     

Dernière mise à jour : 18/05/2010

    Amédée Gordini - 1899/1979     

Partenaires principaux : Simca et Renault

Le nom de Gordini est généralement associé à une petite voiture aux formes carrées de la Régie Renault, la R8. Rehaussée de deux bandes blanches, sur le toit et les capots, cette voiture a fait la popularité de celui qu'on dénomma très vite "le sorcier". Mais avant cela, Amédée Gordini donna à des petites Simca de quoi briller au Mans.
L'histoire d'Amédée Gordini débute le 23 juin 1899, près de Modena en Italie. C'est à Bazzano qu'il vient au monde dans une région pauvre et isolée. Son père disparu trop tôt, Amédée doit subvenir très jeune aux besoins de sa famille et entre comme apprenti dans diverses entreprises, forgeron d'abord puis mécanicien. Après son service militaire, à la fin de la première Guerre, Amedeo reprend son poste de mécanicien puis, en 1925, décide de s'offrir un séjour en France, à Paris.

Paris

C'est en janvier 1925 que Gordini arrive dans la capitale française, avec une simple petite valise à la main. Arrivé à la gare de Lyon, Amédéo retrouve une communauté importante d'italiens et, curieux de tout, découvre les folles "nuits parisiennes", dépensant jusqu'à son billet de retour dans ce Paris des "années folles". Sans un sou, Amédée n'a plus qu'une seule alternative, s'établir en France. Grâce à ses relations, il trouve du travail chez un compatriote. Garagiste, Gasparetto tient un garage à Suresnes et importe des automobiles italiennes, des Isotta-Fraschini, sur lesquelles Amédée va se faire la main. Toujours grâce à la solidarité de la communauté, et par l'intermédiaire de Gasparetto, Amédée rencontre Cattaneo, spécialiste dans le service et la réparation des voitures Hispano-Suiza. Amedeo va travailler pour lui pendant quelques temps, accentuant ses connaissances en travaillant sur des mécaniques d'exception. Entre temps, Amédée prendra la nationalité française, se mariera à une française en 1926 et, installé comme concessionnaire Fiat, participera à quelques compétitions régionales avec des voitures bricolées par ses soins. C'est sur une base de Fiat 508 S Balilla qu'il fera d'ailleurs ses débuts en compétition.

A droite, la Simca 5 modifiée n° 59 d'Amédée, lors des 24 Heures du Mans de 1937

Pilote et constructeur

Ses premières prestations sont couronnées de succès. Amédée gagne des courses et son nom revient dans les conversations. Passionné, Amédée cumule donc les activités, pilote et préparateur/constructeur. Il rencontre alors Henri-Theodore Pigozzi, qui assemble des voitures Fiat destinées au marché français? Ce dernier va lui apporter son soutien et dès 1396, il s'aligne à bord de Simca profilées, remportant quelques belles courses, dont le Bol d'Or de Saint-Germain. Il remporte également l'indice de performance aux 24 Heures du Mans en 1938 et réalise l'exploit de remporter sa catégorie et l'indice de performance en 1939, tout en finissant 10e de l'épreuve au général. Pour confirmer son talent de constructeur, des Simca-Fiat Gordini terminent au 4e, 5e et 6e place de l'épreuve. Double victoire pour notre homme.

Amédée Gordini, en 1939, vainqueur de l'indice de performance au Mans

Amédée devient "Le Sorcier"

Fort du succès de ses voitures, Amédée s'attaque aux records. Avec la Simca et son petit moteur de 568 cc, il parcourt 4.950 km sur l’autodrome de Montlhéry, en 48 heures, à la moyenne de 103 km/h, battant tous les records précédents et en bouclant le meilleur tour à 107 km/h. Cette performance, qui fera beaucoup de bruit, vaudra à Gordini une récompense de 30.000 francs, ainsi que le surnom qui ne devait jamais le quitter : le sorcier !

Reconstruction

En 1938, Amédée se pencha sur la Fiat millecento, une 1.100 cm3 comme son nom l'indique. C'est elle qui, en véritable voiture de course, s'impose au Bol d'Or, à Reims, Donington, Monthlery et Spa Francorchamps. Le succès aurait pu être encore plus grand si la guerre n'avait pas éclatée en 1939. Pendant le conflit, les Simca-Gordini sont remisées. C'est la Simca 8 qui va reprendre du service en 1945 et, avec cette voiture, Amédée Gordini fait son retour en fanfare en remportant la Coupe Robert Benoist, la première course de l'après-guerre. Une façon de se rappeler au souvenir de Pigozzi qui renouvelle sa confiance au pilote en l'aidant à se reconstruire. En effet, les locaux de Suresnes ont été détruits et Amédée doit trouver d'autres locaux pour poursuivre ses activités.

Amédée Gordini, en 1945 au Bois de Boulogne, pour disputer la Coupe Robert Benoist
C'est boulevard Victor, à Paris, qu'il s'installe alors, pour le reste de sa vie. En 1947, il reprend donc la fabrication de monoplaces et recrute des pilotes de talents, comme Raymond Sommer et Jean-Pierre Wimille. A cette époque, et après le retrait de Talbot, les Gordini sont les dernières voitures à porter les couleurs bleues françaises et brillent sur tous les circuits, nationaux ou internationaux. Face à une concurrence plus puissante et surtout plus à l'aise financièrement, Amédée va faire jouer son imagination pour tenir tête aux voitures italiennes, anglaises ou allemandes. Imaginant des moteurs double arbre à cames en tête brillants, des châssis performants, des stratégies de course ingénieuses, et sachant s'entourer des meilleurs, il va signer l'une des plus belles pages de la course automobile française. En 1948, il fera débuter un certain Juan Manuel Fangio, lors du Grand Prix de Reims.

Les années 50

La T15, que Manzon et Trintignant piloteront en 1950.
Dès 1950, 'écurie rencontre des problèmes financiers et le développement des voitures s'en ressent. En 1957, après de longues saisons sans résultats, Amédée jette l'éponge. La dernière apparition d'une petite voiture bleue Gordini aura lieu en 1957 au Mans. Amédée ferme son entreprise et accepte les offres du géant français, Renault. Une nouvelle histoire commence pour notre "Sorcier".

Renault et Alpine

Avec Renault, Gordini va vivre une étroite collaboration, très fructueuse sur le plan sportif et technique. Pour cette entreprise, Amédée va effectuer un grand nombre d'études et, au sein d'un atelier créatif, téméraire et expérimenté, va donner naissance aux Dauphine Gordini puis aux très célèbres R8 et R12 Gordini. Amédée Gordini apporta egalement sa contribution à la motorisation des Alpine, en monoplace ou en Sport-prototypes. Amédée réalisa en effet la plupart des moteurs employés par la firme de Dieppe aux 24 Heures du Mans, entre 1963 et 1969, dont le dernier fut le 8 cylindres en V de 3 litres.

Centenaire Gordini

Pour célébrer le centenaire de la naissance d'Amédée Gordini, la mairie de Paris inaugura une place portant son nom. Elle est située à deux pas des anciens ateliers du "Sorcier", situés boulevard Victor. Cette place forme l'angle du boulevard Lefebvre et de l'avenue de la Porte de la Plaine, dans le 15e arrondissement.

Pour en savoir plus sur la Coupe Gordini, je vous invite à lire la page spéciale dans la partie Encyclo43.
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